Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Sylvie Almery. Je vous emmène dans la huitième ville des USA que l’on ne connaît pas forcément très bien, San Diego.
Nous voilà au sud de la Californie, donc dans cette huitième ville des USA, à 1h30 de Los Angeles, un petit cocon où la qualité de vie est très agréable. 25 Degrés toute l’année. Mais Sylvie, on se fait aussi attaquer par des mille pattes quand on est en interview avec la radio des Français dans le Monde. Bonjour et bienvenue, Sylvie. Bonjour Gauthier.
Ça on avait dit qu’on le coupait en montage. Ah voilà, mais j’aime bien quand elle s’écrase. C’est-à-dire que t’as une petite bebette qui t’est montée dessus pendant qu’on était en train de préparer cette interview. Chose qui n’arrive pas dans mon studio Lillois, là, tout au nord, où les températures ne permettent pas aux mille pattes de survivre.
Content de faire ta connaissance, je salue Vanina qui nous a mis en relation. Tu es directrice générale de la Chambre de commerce franco-américaine de la Californie du Sud. Madame la directrice, quel titre! Et puis, tu es également animatrice de la communauté French Tech depuis 2023. On va parler de tout ça, mais avant d’arriver à San Diego, retour à Lyon.
Est-ce que les petits bouchons te manquent? Forcément, la gastronomie française, Lyon, capitale de la gastronomie d’ailleurs, me manque même parfois plus que ma propre famille. Ils vont être contents de savoir qu’ils sont remplacés par une bonne rillette. Voilà, c’est comme ça, c’est la vie, la gastronomie. C’est sûr que quand on est Français de France, on n’a pas tellement idée à quel point bien manger et avec des goûts aussi dingues que la gastronomie française, c’est difficile à l’étranger.
Mais c’est tout à fait ça, en fait. C’est drôle, mais pour moi, bien manger, c’était un peu normal quand j’étais en France. C’est ça. Et en fait, on se rend compte que quand on vit à l’étranger, c’est pas forcément le même niveau, on va dire. C’est gentil.
On va donc te voir grandir, faire tes études dans la région lyonnaise. Et après le diplôme en master de finance, tu pars à Paris et tu vas rejoindre un groupe, le groupe Colas, que l’on connaît bien, qui t’a fait pendant dix ans vivre une aventure professionnelle passionnante. Tu m’en as parlé en préparant cette interview avec presque de l’émotion. Oui, c’est quand même l’entreprise qui m’a fait confiance, qui m’a fait grandir tout au long de ma carrière. J’y suis restée dix ans, je suis partie quand même en pleurant pour réaliser mon rêve américain et je reste très reconnaissante de la société qui m’a fait confiance à la sortie de mes études et qui m’a fait grandir professionnellement.
Alors, assez jeune, tu avais fait un voyage aux États-Unis. Il y avait les séries, il y avait la musique, toute cette imagerie américaine dans notre tête. Le rêve américain, comme on dit. Et tu te dis, mais ça, il faut que je le vive un jour. Résultat, en 2020, tu vas te lancer.
Ça veut dire quoi, quand on décide de faire ça seul? C’est vendre tout ce qu’on a, tout laisser derrière soi et puis recommencer à zéro? C’est un très bon résumé. De se dire qu’on part à l’aventure, on sait ce qu’on perd, donc c’est toujours très flippant, comme on pourrait dire, mais on ne sait pas ce qu’on gagne. Mais en fait, ce qu’il faut se dire, c’est que…
Quand j’ai pensé à partir, je me suis dit, qu’est-ce qui va se passer si j’échoue? Et je m’étais dit, c’est pas grave, en fait, si tu échoues, c’est pas grave, tu rentres en France, tu retrouves ta famille. Et j’ai même, du coup, Colas qui m’avait dit, si tu veux revenir, on t’ouvrira toujours la porte. Donc, je m’étais dit, bon, c’est vrai que j’aurais peut-être, je serais triste d’avoir échoué, c’est toujours difficile, mais il faut quand même que je le fasse. Et je sais que de toute façon, même si j’échoue, rien de grave ne se passera après ça.
Et au moins j’aurais essayé et je n’aurais pas de regret de sauter le pas. Donc oui, on vend tout ce qu’on a, on n’a plus de biens, rien du tout, plus de voitures, plus d’appartements et on part. Vraiment à l’aventure. Et là, tu arrives pour aller sur les bancs de l’école. Tu trouves une école à San Diego.
Tu arrives dans une ville où tu ne connais personne et c’est parti pour la nouvelle vie. Alors, San Diego, dis-nous un petit peu. On ne connaît pas forcément ce que je disais en intro. Cette ville américaine, qui est pourtant, quand on regarde les photos, absolument sublime, qui a plein d’atouts, qui a plein d’avantages, mais pas forcément très connue. San Diego, c’est la huitième ville des Etats-Unis.
Et c’est aussi la deuxième ville de Californie, avec plus de 3 millions d’habitants. Donc, en fait, on est derrière Los Angeles. C’est vraiment une ville assez conséquente. Mais on n’en parle pas beaucoup depuis la France, parce que San Diego, ce n’est pas forcément la ville qui passe beaucoup à la télé vidéo. Donc, du coup, Donc, du coup, on est vraiment dans une ville très dynamique, mais pas saturée encore, et ça, c’est plutôt bien.
Mais voilà, donc la ville gagne à être tenue. Ça, c’est mon rôle en tant que directrice de chambre de commerce aussi, de faire la promotion de ce petit trésor caché en Californie. Et sachant que j’aime bien préciser, c’est que San Diego est quand même en Californie, pas au Mexique. Et la Californie, ça reste quand même l’état le plus puissant des US, et la quatrième puissance mondiale, si on la comparait à d’autres pays, ça serait quand même la quatrième puissance mondiale. Donc il y a pas mal d’opportunités, et de s’implanter dans une ville comme San Diego, ça prend tout un an de sens.
Ah Madame la Directrice Générale de la Chambre de Commerce en parle bien de San Diego. On peut rajouter à ça que c’est la ville des surfeurs et des plages, et des plages absolument magnifiques. Tu m’as dit en préparant cette interview après le boulot, on va faire un petit tour sur la plage, c’est très agaçant.
Ça paraît un peu cliché, mais c’est vraiment vrai. Beaucoup vont aller admirer un coucher de soleil, parce qu’on est basé à l’ouest, et on va, après le boulot, admirer le coucher de soleil ou piquer une tête dans l’océan. C’est assez agréable à vivre et tu pourras même demander à Chadjipiti où est-ce qu’il fait meilleur vivre aux Etats-Unis et Chadjipiti te mettra San Diego en premier. Je testerai Sylvie. Alors on va quitter la plage et on va se mettre au boulot.
Tu aujourd’hui représentes plus de 200 membres au sein de cette chambre de commerce qui est classée numéro 3 après New York et le Texas. Un fort dynamisme et des Français qui se décarcassent. Exactement. La France rayonne vraiment bien à San Diego. On a quand même les grands groupes français présents, tels que Veolia, membre de la chambre EDF Renewables, donc la branche EDF liée à l’énergie renouvelable.
On a également Safran dans l’aérospace qui est présent. On a vraiment un grand panel d’entreprises françaises qui rayonnent ici dans la Californie du Sud et à San Diego notamment. On a aussi des entrepreneurs français, avec des tailles moyennes, qui embauchent plusieurs dizaines d’Américains.
On a des artisans, on a aussi des pâtissiers. On a une belle communauté qu’on estime à environ 6000 Français. Un bel écosystème, c’est ce qui rend aussi la Chambre très dynamique parce qu’on a une vraie communauté soudée et forte ici dans la Californie du Sud. Et petit zoom sur la communauté tech, la French Tech que tu représentes aussi aujourd’hui au micro de la radio des français dans le monde, avec toutes ces déclinaisons, tu m’as même parlé de Blue Tech pour ce qui concerne les océans, j’apprends tous les jours. La French Tech aujourd’hui est elle aussi très dynamique.
Elle est hyper dynamique et elle nous a permis aussi de remettre un peu San Diego sur la carte auprès de la France parce qu’on a pu montrer qu’à San Diego on pouvait faire des événements extraordinaires. Le dernier, on a organisé un gros événement à Las Vegas dans le cadre du CES. Où on a réussi à inviter des boîtes françaises dans différents types d’industries. Il y avait Nistral qu’on connaît tous dans l’IA, on avait Publicis dans le média, on avait L’Oréal dans le cosmétique, et on a eu aussi la chance d’avoir un speaker tel que Luc Julia pour nous faire notre keynote en début sur l’IA et sur ces types de sujets. On a vraiment…
À San Diego, une tech qui rayonne. Et quand je dis tech, c’est tech, on en a parlé, la blue tech, tech liée à l’océan, aux maritimes, mais on a aussi la clean tech, on a le site d’EDF, je l’ai déjà mentionné, on a la biotech qui est le deuxième hub aux US, biotech c’est tout ce qui est relatif à la life science, deuxième après Boston, on a d’ailleurs de gros événements prévus avec la French tech dans ce cadre-là, Enfin, on ne manque vraiment pas de dynamisme et de sujets à évoquer. On n’a même pas assez de jours dans l’année pour organiser tout ça et mettre en avant tous ces domaines qu’on a à San Diego. Et Sylvie, pour terminer, petit zoom pour les Français francophones, on va dire, même globalement, qui veulent venir s’installer. Ils doivent passer par la case chambre de commerce parce que vous allez pouvoir mettre en réseau, vous entraider?
Exactement. La case chambre de commerce peut être un accélérateur dans le développement. Juste à titre d’information, moi quand je suis arrivée à San Diego, je pensais que j’étais la seule française, pour la petite anecdote. Mais quand j’ai commencé à travailler à la chambre, je me suis rendu compte du tissu français qui était juste extraordinaire. Et très collaboratif en fait.
Il y a vraiment un sens de l’entraide entre Français qui se sont établis hors de France et on veut tous s’aider entre nous. Donc c’est vrai que le point de contact chambre de commerce avec participation à des événements pour networker avec notre communauté qui est française mais aussi américaine. Il y a aussi la possibilité de faire appel à nous pour connecter avec des potentiels clients, des potentiels partenaires, enfin vraiment la chambre est une structure d’accompagnement et de préparation qui permet vraiment de rompre de l’isolement et qui permet d’accélérer le développement des entreprises françaises. Et si ce podcast vous a donné envie d’en savoir plus sur San Diego et son dynamisme économique, vous pouvez contacter Sylvie de notre part. Fin de cette interview, je te quitte avec quelques gratons lyonnais, un cardon à la moelle, un petit salé, un poulet célestine et des pralines roses en dessert, ça te va?
Eh bien, écoute, pourquoi pas? Ça dit, toi, tu as un mille pattes à me cuisiner, donc je vais te laisser. Merci beaucoup d’être revenue sur notre antenne. Je stipule au passage aussi que tu es candidate dans le cadre des élections consulaires qui ont lieu dans les prochaines semaines. La radio des Français dans le Monde parle de cette action citoyenne que les Français de l’étranger doivent absolument valider.
C’est très important. Je te souhaite le meilleur pour cette expérience et au plaisir de te retrouver. Merci Gauthier, merci pour ton accueil et pour ce superbe interview.