Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin, la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seys et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Laurene Graziani, consultante et coach experte en droit des enfants.
10 Minutes, 10 minutes, le podcast des français dans le monde.
Lorraine est dans les cartons. Dans quelques jours, et en quelques dodo, puisque les enfants comptent en dodo, ce sera fini pour New York et une nouvelle aventure en Europe, installation à Budapest. Bonjour, bienvenue Lorraine. Bonjour Colin. Alors, ça fait 15 ans que vous êtes en famille, en balade à travers le monde.
Trois enfants, trois continents différents. Là, on va laisser l’American Dream derrière toi. Tout à fait, tout à fait. On a fait l’Asie, l’Afrique, l’Amérique et là on rentre en Europe. Dans le podcast 2399, vous pouvez taper ce chiffre dans le moteur de recherche de la radio.
Vous retrouverez l’interview réalisée en mars 2025 avec Lorraine. On ne va pas revenir spécialement sur ton parcours. Juste comme ça, un petit sentiment au bout de ces années, de ces quelques années à New York. Tu quittes les États-Unis avec un peu de regret ou beaucoup de hâte de te rapprocher de la famille, des amis? Écoute, New York reste New York.
C’est une ville fascinante. Il y a une énergie très particulière. Donc forcément, c’est un grand saut, plein d’émotions, mais en même temps, le plaisir de découvrir une belle ville, Budapest, de se rapprocher de la famille, des amis, de l’Europe. Donc c’est chouette aussi. Et les enfants, qu’est-ce qu’ils te posent comme question auxquelles tu n’arrives pas à répondre?
Alors, écoute, j’ai de la chance en étant coach parentale aussi, d’avoir souvent des réponses à leurs questions. Donc, ça, c’est très chouette. Mais clairement, ces périodes de transition, c’est C’est très chargé en émotion, très, très chargé. Souvent, je dis aux parents, on fait très attention à la logistique, à tout bien préparer, choisir les écoles, tout ça. Mais tout ce bagage émotionnel, il faut laisser du temps, de l’espace pour pouvoir justement permettre aux enfants d’en parler, de se sentir écouté dans ce processus.
On a fait un dossier sur les ados et l’expatriation. On a fait un dossier sur le déménagement. À chaque fois, on a parlé, évidemment, des plus jeunes. C’est des grands changements, des grands chambardements, des défis pour toute la famille et peut-être encore plus pour eux de voir, par exemple, bientôt s’apprêter à dire au revoir. Il faut s’accrocher quand même dans cette période.
Oui, tout à fait. Et en plus, je pense que les parents sont là pour les enfants, leur permettent de créer cet espace, de voir qu’en fait aussi chacun va avancer à son rythme. Parfois certains ont l’impression qu’ils se sentent bien, que tout va bien et d’un coup en fait on va craquer, on va sentir les émotions aussi. Pour certains c’est beaucoup plus clair dès le départ, c’est difficile, je n’ai pas envie, Pour certains, ils vont mieux le vivre, ils vont peut-être être plus excités par une nouvelle découverte. Souvent, c’est beaucoup de changements et beaucoup de mélanges d’émotions au milieu de tout ça.
Donc, c’est important de laisser le temps et de pouvoir vraiment le vivre. Et de parler en famille, de laisser la parole ouverte. Tout à fait, et de parler verbalement, donc de vraiment l’exprimer, mais aussi de permettre à ce que parfois on ne s’exprime pas toujours avec des mots, donc d’autres manières. Parfois c’est aussi avec des silences tout simplement, mais on est là, on est là, on écoute, on soutient, et ça c’est très important. En préparant cette interview, Lorraine, on parlait de la protection de l’enfant.
On est dans une période globalement difficile. Les budgets sont en baisse. Il y a des souffrances, il y a des difficultés. L’actualité, on la regarde et on constate que ça n’est pas simple. De toute façon, être parent, ce n’est pas simple.
Non, tout à fait. Par rapport aux familles expatriées, il y a aussi un impact, je trouve, parce que de manière générale, l’expatriation va créer un manque de repères. De soutien. On est face à une nouvelle culture, une nouvelle façon d’éduquer, peut-être une nouvelle vision de l’enfant, d’autres valeurs. Donc, ça va venir un petit peu nous chambouler, mais c’est vrai que là, on voit de plus en plus aussi de l’insécurité.
Insécurité au niveau économique, politique, sécuritaire. Beaucoup de familles sont touchées et donc ça vient encore créer plus d’instabilité, du stress peut-être, et donc des situations plus compliquées pour les familles expatriées. Et bien entendu, pas seulement pour les parents, mais pour les enfants aussi. Les défis liés à l’expatriation, est-ce qu’ils sont spécifiques dans certaines familles? Alors je dirais que chaque famille est unique.
Ça, c’est clair et net qu’on ne peut pas dire c’est la même chose pour toutes les familles. Et puis, en fait, on va être face à chacun selon sa propre histoire et les propres défis qu’il va rencontrer. On a des réactions, des peurs, des automatismes, un stress, une propre histoire familiale qui va venir nous toucher, peut-être nous chambouler. Et donc là, c’est vraiment important. Je trouve que quand on commence à sentir que ça devient trop compliqué, de trouver du soutien pour venir se faire accompagner.
Moi, je suis vraiment une grande supportrice de cette approche, ne pas rester seule et avoir le soutien dont on a besoin. Et normalement, même s’il n’y a pas forcément de soutien dans le pays, il y a Expat expat pro qui est là aussi pour avoir plein de super ressources avec des professionnels qui sont là pour accompagner les parents. Alors, on parlait des enfants, plus deux enfants peuvent avoir deux caractères différents et avoir deux réactions face aux situations qui arrivent dans le quotidien de la vie. Tu me dis là, finalement, que parfois, avoir un petit coup de main d’un tiers, ça peut être très utile. Tout à fait, parce qu’en fait, comme je l’ai dit, nous, on a besoin en tant que parent d’être très présent pour nos enfants dans cette période-là.
Et ne serait-ce que d’avoir quelqu’un à qui parler, ça aide à décharger. Donc, en fait, si on est en période de transition comme ça et qu’on peut être, par exemple, tous un petit peu stressés, forcément, ça va augmenter les tensions familiales et ce n’est pas ce qu’on veut forcément. Alors que si on va prendre cette opportunité pour faire des pauses dans sa journée, prendre le temps de vraiment recharger les batteries, se sentir mieux, pouvoir parler avec par exemple un psychologue, une coach parentale, etc. Il y a plein de manières de le faire. Bien, forcément, on va se sentir un petit peu plus détendu face à la situation et ça va aider à faciliter le processus pour tout le monde.
On invite aussi l’enfant à décharger de cette manière. Et bien forcément, ça aide. Ça aide énormément. On parlait justement, quand on est parent, parfois on se tourne facilement vers sa mère. Quand on a une question, je me souviens quand mes enfants étaient en bas âge, facilement, je décrochais mon téléphone ou des amis.
Quand on est en expatriation, parfois avec le décalage d’horaire, etc. Ces ressources-là, elles ne sont pas si disponibles. D’où l’idée d’avoir un coach. Oui, exactement. Et puis aussi, je trouve que c’est important d’avoir un regard extérieur parce que parfois, on va peut-être prendre des conseils de la tata, de la meilleure amie qui ne sont pas forcément adaptés.
Et donc, de travailler avec un professionnel, ça aide vraiment à mieux s’ancrer dans sa propre histoire et de trouver les clés dont on a véritablement besoin. Tu me disais qu’on peut transformer un défi de l’expatriation en opportunité. Comment on fait? Quelle baguette magique as-tu? Je ne sais pas si j’ai une baguette magique, mais en tout cas, je dirais que le plus beau cadeau qu’on peut faire à un enfant expatrié et à un parent expatrié, c’est d’avoir des repères solides.
Et ce n’est pas de s’adapter parfaitement, ce n’est pas être l’enfant parfait, être la famille parfaite, c’est surtout de développer sa confiance et de pouvoir aider l’enfant à savoir qui il est, vraiment, de revenir à cette authenticité profonde et de créer ce cadre le plus stable possible. Et donc là, on va pouvoir bien avoir des conseils assez concrets. Par exemple, moi, j’aime bien l’idée de créer des rituels familiaux qui sont très simples, mais voilà, ces rituels-là vont permettre de voir qu’on peut se reposer sur quelque chose de très concret chaque semaine, chaque mois, de manière très régulière. J’irais aussi accueillir les émotions de chacun. Ça, c’est vraiment quelque chose de très important.
Temps, même si c’est difficile parfois, c’est très important. Prendre soin de soi sans culpabilité. Alors là, vraiment s’offrir des espaces dans son emploi du temps chaque semaine pour prendre du temps pour soi, aussi bien quand on est parent que quand on est enfant. Parce que si on est épuisé, c’est clair et net qu’on ne peut pas être disponible, en fait, émotionnellement. Gérer aussi quelque chose qui est très important, surtout dans les périodes de transition comme ça, permettre à ce que chaque membre de la famille puisse avancer à son propre rythme.
Donc, accepter que parfois on peut être en fait en décalage par rapport à tout ça et accepter qu’on n’évolue pas forcément à la même manière, qu’on s’adapte, qu’on apprend. Moi, ce que j’aime Le plus dans mon travail, c’est cette approche participative et c’est ce que je soutiens aussi en coach parental ou bien on fait équipe. On est tous ensemble. Alors, bien entendu, en tant que parent, on a une responsabilité particulière, mais tout le monde participe. Tout le monde a sa place et on fait avancer ce petit cocon tous ensemble pour que chacun se sente le mieux possible.
Lorraine, l’expatriation et la parentalité, tu en parles dans ton dernier livre. Parent, tout part de nous, aux éditions Télémac. Le livre est disponible sur lyreka.com. Comme ça, on peut être livré gratuitement partout dans le monde, je le dis en passant. Lorraine, un petit mot sur ce livre?
Oui, alors c’était d’abord un très grand plaisir de le co-écrire avec Lorraine Favre et Marie-Gonaëlle Pollic et on est toutes les trois expatriées et coaches parentales. Donc, c’était vraiment une belle aventure humaine et je vous propose de le découvrir. Voilà, il est dans les librairies, sur les différentes plateformes. J’ai hâte, je pense que c’est vraiment un bel aboutissement, une belle réflexion autour de la parentalité, que ça peut vraiment venir aider de nombreux parents, notamment en expatriation. Et mon petit doigt me dit que ça va t’inspirer pour un second livre avec une expérience peut-être plus personnelle sur ton aventure de maman expat, trois enfants, trois continents.
Écoute, je me suis dit, ben voilà, je vais battre le fer pendant qu’il est chaud. C’est un livre que j’ai envie d’écrire depuis très longtemps parce que forcément, avoir trois expériences autant différentes, c’est quelque chose, ça marque. Et je me suis toujours dit, c’est une belle histoire. On m’a encouragée aussi à le faire. Ça, c’est quelque chose que je veux souligné et je me suis dit, allez, je me lance, j’y vais, je prends l’énergie de New York avec moi pour bien, on y va, on croit à ses rêves, un petit peu d’audace, on se lance et je suis en train de l’écrire.
On se retrouvera lorsqu’il sera paru. Et en tout cas, si vous êtes parent et que parfois vous êtes un petit peu perdu, un peu en questionnement, n’hésitez pas à contacter Lorraine de notre part. Le lien est disponible dans le descriptif de ce podcast. Belle journée, bon déménagement, belle nouvelle aventure à Budapest. Merci Gauthier.
Merci. Une belle journée à toi aussi.
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